Traitements du COVID-19 : Un peu de bon sens s’il vous plait !

Par Jacques Pollini, PhD.

Il y a une chose extrêmement simple à dire concernant la pandémie COVID-19. Chaque jour des milliers de gens décèdent de cette maladie. Le bilan est déjà de centaines de milliers de décès et nous entendons qu’il n’y a pas de traitement disponible. Dans ce contexte, si un médecin, un seul, quelque part dans le monde, affirme qu’il a trouvé un remède, le bon sens et le pragmatisme dictent qu’il devrait immédiatement être convoqué par les autorités de santé et sa proposition devrait être écoutée. Elle devrait être testée, que ce soit par d’autres médecins sous un suivi rigoureux ou dans le cadre d’un essai clinique randomisé, pour confirmer ou infirmer l’efficacité du traitement. Les deux approches devraient être adoptées puisque la première est plus légère à mettre en œuvre et permet des résultats plus rapides et obtenus dans la vie réelle, tandis que la deuxième permet des résultats plus robustes. Rien ne permet de justifier que ces démarches ne soient pas adoptées. Cela serait facile à mettre en œuvre notamment si les médicaments proposés étaient connus car utilisés pour d’autres pathologies depuis des dizaines d’années, et n’avaient pas d’effet secondaires significatifs ou ingérables. Toute personne pragmatique et n’ayant pas perdu sa logique et son bon sens reconnaitra qu’une telle démarche de tests supplémentaires des approches prometteuses est nécessaire dans le contexte d’urgence et de tragédie que nous vivons. Quand une personne qualifiée affirme avoir trouvé la solution à un problème majeur, elle doit être écoutée sans préjugés sur la valeur de son argument, pour savoir justement si elle a tort ou raison, en testant objectivement sa proposition. 

Malheureusement cette démarche de bon sens n’est pas mise en œuvre. Des milliers de médecins appliquent divers traitements, généralement se basant sur l’hydroxychloroquine (HCQ) et l’azithromycine (AZI), souvent additionnés de zinc (Zn). HCQ et AZI sont des médicaments utilisés depuis des décennies sur des millions de patients et dont les effets secondaires sont bien connus et parfaitement gérables. Les médecins qui encouragent leur utilisation affirment qu’ils donnent de bons résultats s’ils sont administrés ensemble dès l’apparition des premiers symptômes COVID, avant hospitalisation. De nombreux essais randomisés sont conduits pour trouver comment soigner des patients COVID, y compris dans mon institution, l’Université McGill, mais aucun ne teste les protocoles développés par ces médecins, par l’équipe de l’IHU en France, par le docteur Zelenko aux USA, ou par une équipe de médecins à Sao Paulo au Brésil, pour ne citer que les études les plus médiatisées. Les résultats d’essais disponibles concernent l’utilisation de l’HCQ seule, souvent administrée à une dose excessive, ou bien portent sur des patients qui ne sont plus dans la phase initiale de la maladie. Presque six mois après la mise au point du premier traitement se basant sur l’HCQ et l’AZI, il semble qu’un seul essai randomisé a été lancé à l’échelle mondiale pour le tester et il a été annulé après avoir recruté seulement 20 patients. Je mets quiconque lit ces lignes au défi de me montrer les résultats d’un essai randomisé qui teste un protocole HCQ/AZI ou HCQ/AZI/Zn sur des patients COVID dans la phase initiale de la maladie, c’est-à-dire avant hospitalisation. Non seulement la recherche ne teste pas ces protocoles, mais les résultats des essais qui sont conduits sont utilisés pour les discréditer alors qu’ils testent autre chose. Les autorités interdisent ou dissuadent la prescription de l’HCQ ou sa délivrance en pharmacie, voire l’AZI, sans justification scientifique, alors que ces prescriptions permettrait d’avancer dans la connaissance avec autant d’efficacité qu’un essai randomisé. Elles invoquent la toxicité de ces molécules pour justifier leur décision alors que le traitement HCQ/AZI a déjà été administré à des milliers de patients COVID, sauvant des vies sans effet secondaire significatif. En outre, les médecins qui utilisent la thérapie HCQ/AZI/Zn et ses variantes sont discrédités, et leur témoignages censurés sur Internet. Des collectifs regroupant des centaines de médecins les soutiennent, et les gouvernements de plusieurs pays, comme la Turquie ou l’Inde, adoptent leurs traitements ou utilisent l’hydroxychloroquine dès les premiers symptômes, et ont obtenu des résultats encourageants. Au-delà de l’HCQ et AZI, des médecins explorent d’autres approches thérapeutiques prometteuses, par exemple l’ivermectine mais aucune attention ne leur est donnée. Cette situation aberrante se produit alors que les enjeux sont immenses car s’il était confirmé que la combinaison HCQ/AZI/Zn, appliquée dès les premiers symptômes, guérit les patients COVID dans la grande majorité des cas, il n’y aurait plus de pandémie, le confinement généralisé et lock down économique ne seraient plus nécessaire, et nous n’aurions plus besoin de recevoir un vaccin développé dans la précipitation et qui utilise une technologie jamais testée auparavant (vaccins à ARN). 

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Je ne pose pas ici la question de savoir si les traitements HCQ/AZI ou HCQ/AZI/Zn sont efficaces. Je trouve, comme beaucoup d’autres commentateurs ou scientifiques beaucoup plus qualifiés que moi, que les études observationnelles disponibles sur ces traitements fournissent un niveau de preuve solide, même si elles ne constituent pas des preuves définitives pour des observateurs extérieurs qui, contrairement aux auteurs de ces études, n’ont pas côtoyé chaque jour les patients. Elles sont en outre cohérentes avec les connaissances que l’on a concernant l’effet in vitro de la chloroquine et l’hydroxychloroquine sur les coronavirus SARS-COV-1 et SARS-CoV-2, et avec au moins une étude randomisée réalisée en chine, qui montre un effet positif de l’HCQ sur les patients COVID. Mais il appartient aux chercheurs et médecins de continuer ce débat. La question que je pose ici est, justement, pourquoi la recherche ne teste-t-elle pas cette approche thérapeutique en utilisant ce qu’elle considère être le gold standard méthodologique, l’essai randomisé? Comment donc expliquer l’absence d’essais portant sur le traitement HCQ/AZI/Zn administré en début de maladie et le discrédit porté sur ceux qui promeuvent ce traitement ou d’autres, alors que toutes les données empiriques disponibles sont en faveur de l’efficacité de la combinaison HCQ/AZI/Zn? Je vois quatre explications :

  1. La stupidité et l’ignorance. Mais je rejette aussitôt cette explication comme étant non crédible car les autorités de santés et les chercheurs ne sont ni stupides ni ignorants. Sinon ils ne pourraient pas occuper les positions qu’ils occupent. Et les témoignages des médecins qui traitent des patients COVID, ainsi que les résultats de leurs études observationnelles, circulent et sont commentés partout. Certains journalistes, toutefois, ne se documentent pas assez pour écrire sur le sujet. Ils négligent de faire la distinction entre essais portant sur les premiers stades de la maladie et ceux portant sur les derniers stades, ou entre études portant sur l’HCQ de celles portant sur la combinaison HCQ/AZI, ce qui peut les conduire à des conclusions absurdes.
  2. Les conflits et liens d’intérêt. Ici, les choses sont claires. L’industrie pharmaceutique, qui promeut un traitement très couteux et source de profits élevés, le remdesivir, et développe un vaccin, n’ont aucun intérêt à ce que des médicaments génériques, c’est-à-dire non protégés par des brevets et qui ne sont donc plus source de profits élevés, règlent le problème. Il serait naïf de croire que ces industries ne déploient pas d’efforts pour promouvoir leurs approches. Leurs actions de lobby, ainsi que les liens ou conflits d’intérêt des chercheurs et décideurs du secteur de la santé, sont bien documentés, de même que leur influence sur la production de publications scientifiques. La mise en œuvre d’essais randomisés coute cher, est souvent appuyée techniquement et financièrement par des laboratoires, et on ne voit pas pourquoi ceux-ci testeraient des médicaments génériques qui ne leur rapporteraient rien et rendraient les vaccins inutiles.
  3. La politique. Depuis que Donald Trump a pris position en faveur de l’hydroxychloroquine, la question de son efficacité est devenue une question politique. Si cette efficacité est démontrée avant Novembre 2020, sans doute Trump gagnera-t-il les élections car il pourra affirmer que lui seul défendait la santé des américains contre l’ « establishment », c’est-à-dire contre les agissements des agences gouvernementales, de l’industrie, des principaux médias, et de la gauche progressiste et libérale. Si cette démonstration n’est pas faite, ou demeure inconnue du public, alors Trump pourra être accusé d’avoir précipité l’économie américaine dans le gouffre par sa mauvaise gestion de la crise et perdra les élections. Dans ce contexte, la gauche libérale est forcément biaisée contre l’HCQ tandis que la droite conservatrice est biaisée en sa faveur, et le débat sur le traitement HCQ/AZI/Zn, qui est le débat pertinent sur le plan de notre santé, est remplacé par un débat sur l’HCQ, qui est avant tout un débat politique. Et toute prise de position dans ce débat est taxée d’être partisane, ce dont j’ai personnellement fait les frais, ce qui est absurde puisque je déteste Trump et souhaite qu’il perde les élections.
  4. La dissonance cognitive. Ceci explique pourquoi l’opinion publique, qui n’a aucun lien d’intérêt avec les laboratoires pharmaceutiques, accepte sans sourcilier les termes du débat tels que posés par nos autorités de santé et relayés par les journalistes. Réaliser qu’un traitement existe et qu’il a été écarté pour préserver des enjeux financiers est tout simplement trop douloureux pour beaucoup d’entre nous, car c’est alors tout un système de croyance, et notamment la confiance en nos institutions, qui s’effondre. Cela conduit aussi à être accusé de « complotisme » et donc à être moqué ou mis au ban de la société. Il est difficile d’échapper à la vision de la réalité acceptée par le plus grand nombre car cette vision est celle qui nous permet de rester dans une zone de confort, en étant en communion avec nos pairs.
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En conclusion, au-delà des polémiques à n’en plus finir sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine ou la valeur des résultats d’études observationnelles, non randomisées, Deux questions très simples restent sans réponse : pourquoi l’approche thérapeutique qui a fait couler tant d’encre (la combinaison HCQ/AZI/Zn administrée dès les premiers symptômes COVID) n’est-elle pas testée par les autorités? Et pourquoi avons-nous restreint la liberté de prescrire qui, dans une situation de “guerre” contre ce virus, signifie se priver des armes ordinaires sous prétexte qu’une arme nouvelle serait un jour, peut-être, découverte ? Aussi longtemps que ce double blocage perdurera, l’opinion publique ne pourra que conclure qu’il y a conflits d’intérêt au plus haut niveau, voire suspecter de la malveillance, alimentant un florilège de théories complotistes. Les citoyens ne pourront plus faire confiance aux autorités de santé concernant la manière dont elles gèrent la crise COVID, et il ne faudra pas être surpris de voir les gens descendre dans la rue pour remettre en cause tous les aspects de la gestion de la pandémie et demander des comptes à leur gouvernement pour le nombre de décès élevé et le coût économique et social de la pandémie.

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