Des bains de bouche pour prévenir les formes sévères de COVID-19?

Vous avez probablement entendu parler de thérapies ambulatoires reposant sur des pilules d’ivermectine ou encore des perfusions d’anticorps monoclonaux. Mais avez-vous entendu parler des bains de bouche à la povidone iodée pour le COVID-19?

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Bien qu’il existe de nombreuses restrictions sur les médicaments pour les thérapies précoces du COVID-19, la povidone iodée est largement disponible dans les pharmacies et ne nécessite aucune prescription. Bien sûr, si vous l’achetez, soyez prudent et obtenez un produit de qualité à la bonne concentration.

Le 1er janvier de cette année, est passé largement inapercu un article publié dans Bioresearch Communications, par Md. Iqbal Mahmud Choudhury et al. L’article fait état d’un essai clinique comparant la povidone iodée (traitement) à de l’eau tiède (témoin). L’essai clinique montre une réduction considérable des hospitalisations et de la mortalité avec l’utilisation de ce bain de bouche à la povidone iodée.

Dans cet essai clinique randomisé, le groupe de traitement comptait 303 patients ayant pris un bain de bouche par gargarisme, des goutes dans le nez ainsi que dans les yeux, de povidone iodée à 1%, toutes les 4 heures, pendant 4 semaines, ainsi qu’un traitement symptomatique selon les besoins. Le groupe témoin comprenait également 303 patients, à qui on a conseillé un bain de bouche / gargarisme, des goutes nasales et oculaires à l’eau tiède, à la même fréquence. Ils ont aussi reçu un traitement symptomatique en fonction des besoins.

Les chercheurs se sont penchés sur l’évolution de la charge virale après 3, 5 et 7 jours. Après 3 jours de traitement, seulement 11,5% ont été testés positifs dans le groupe de traitement, tandis que 96,04% étaient toujours positifs dans le groupe témoin. Après 7 jours, seulement 2,64% des patients étaient encore positifs avec le traitement, tandis que 70,30% étaient toujours positifs dans le groupe témoin.

Concernant le besoin d’hospitalisation, il s’est élevé à 20,79% des patients dans le groupe témoin et à seulement 3,30% dans le groupe de traitement, soit une réduction de 84% du besoin de transfert des patients vers l’hôpital.

Très malheureusement, 19 personnes sont décédées dans cet essai clinique. Mais ce qui est remarquable, c’est que 17 de ces 19 décès appartenaient au groupe témoin. La mortalité était de 0,66% dans le groupe de traitement contre 5,61% dans le groupe témoin. Cela équivaut à une réduction de 88% de la mortalité.

Selon les auteurs: «le groupe de patients ayant utilisé le PVP-I à 1% a montré une mortalité, une morbidité et une hospitalisation ainsi qu’une charge financière considérablement réduites dans cette situation de COVID-19. … L’administration de PVP-I à 1% sous forme de bain de bouche / gargarisme, et goutes nasales et oculaires est simple, rapide et rentable pour réduire la mortalité et la morbidité dues au COVID-19. »

>>  Canada: des scientifiques et médecins exhortent l’Ontario à tenir un débat scientifique ouvert

http://www.bioresearchcommunications.com/index.php/brc/article/view/176/159

Évidence et mécanismes du PVP-I contre le SRAS-CoV-2

Un article plus récent, daté du 15 mars, rédigé par Diti Chopra et al. examine les évidences et mécanismes d’action du PVP-I contre le SRAS-CoV-2. L’article, qui sera publié dans le Japanese Dental Science Review, note que «l’une des mesures les plus simples et les plus rentables qui puissent être adoptées par le public et les professionnels de la santé pour prévenir la contamination croisée et la transmission communautaire, est la mise en œuvre de mesures efficaces d’hygiène bucco-dentaire et de la gorge. » 

L’article «met en évidence la justification, l’innocuité, les recommandations et la posologie du gargarisme / bain de bouche au PVP-I en tant que méthode efficace pour réduire la charge virale durant ces temps difficiles de COVID-19.»

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1882761621000065

Vous trouverez ci-dessous des extraits clés de la recherche de Diti Chopra et al. Merci de vous référer au texte original, la traduction ci-dessous étant approximative.

«Une intervention d’hygiène bucco-dentaire, ainsi que le gargarisme / bain de bouche avec un antiseptique ayant des propriétés virucides est impératif pendant cette pandémie de COVID 19. D’après les directives de l’Occupational Safety and Health Administration, le PVP-I peut être utilisé en toute sécurité comme rince-bouche, et les études in vitro existantes et les essais cliniques sur des patients confirment sa propriété virucide contre le SRAS-CoV-2. »

«Le gargarisme / bain de bouche / spray nasal PVP-I, de routine, peut être mis en œuvre pour tous les patients hospitalisés et non hospitalisés, symptomatiques et asymptomatiques infectés par le SRAS-CoV-2 afin de réduire la charge virale. Il est également essentiel pour les professionnels de la santé (dentistes, assistants dentaires, prothésistes dentaires), les personnes isolées et mises en quarantaine, les voyageurs fréquents d’utiliser le bain de bouche PVP-I pour minimiser le risque d’infection croisée en milieu hospitalier et non hospitalier.

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Justification de l’utilisation de PVP-I pendant une infection par le SRAS-CoV-2

«Étant donné que les voies buccale, nasale et respiratoire sont fortement interconnectées, il est essentiel de maintenir une bonne hygiène buccale en se gargarisant et en se rinçant avec un rince-bouche antiseptique pendant les infections des voies respiratoires comme le SRAS-CoV-2.»

«Des études ont montré que divers composants de la cavité buccale, tels que les crevasses gingivales, la muqueuse buccale, la langue, les amygdales, le palais, les micro-fissures à la surface des dents, offrent une niche parfaite pour les particules virales chez les patients souffrant d’infections respiratoires virales. De plus, l’inflammation parodontale induite par le biofilm oral est également liée au développement d’une infection des voies respiratoires inférieures qui peut déclencher l’apparition d’une pneumonie associée à l’usage d’un respirateur »

Mécanisme virucide de la PVP-I

«Le PVP-I est un microbicide à large spectre qui inactive les bactéries, les champignons, les protozoaires et plusieurs virus.»

«Le PVP-I a l’activité virucide maximale parmi d’autres antiseptiques couramment utilisés tels que le chlorure de benzéthonium, le chlorure de benzalkonium, le gluconate de chlorhexidine et le chlorhydrate d’alkyldiaminoéthyl glycine.»

«Le mécanisme virucide de la PVP-I est dû à son Iode / I2 libre ou non lié qui est libéré dans son environnement à partir du complexe de PVP-I.» … «Le I2 déstabilise l’enveloppe membranaire et provoque la lyse des protéines virales.»

«De plus, l’iode libre piège les radicaux libres, apportant ainsi une propriété anti-inflammatoire lors d’infections virales.»

Preuve que la PVP-I peut inactiver le SRAS-CoV-2

«Un rinçage prolongé avec une dilution appropriée de PVP-I, pendant plus de 2 minutes, jusqu’à quatre fois par jour, est recommandé pour réduire l’incidence des infections respiratoires aéroportées telles que la grippe aviaire, le SRAS, la grippe porcine. … Se gargariser avec la PVP-I a été recommandé par la Respiratory Society au Japon pour la prévention et le traitement des infections respiratoires nosocomiales / communautaires.»

>>  Immunologie COVID-19 101 - Partie 1

«Les variantes de PVP-I sous forme de gommages, de solutions, de bâtonnets d’écouvillon, étiquetés pour un usage externe, doivent être évitées pour les applications orales et nasales, car elles contiennent des sels et co-solvants supplémentaires. La concentration de la solution de PVP-I et la durée de l’exposition doivent être optimisées pour maximiser l’effet virucide.»

Sécurité et tolérance du PVP-I 

«Le gargarisme / bain de bouche au PVP-I est bien toléré par rapport à d’autres agents antiseptiques. La povidone iodée peut être administrée en toute sécurité jusqu’à cinq mois dans la cavité nasale et six mois dans la cavité buccale. »

«Une étude in vivo a confirmé que l’utilisation prolongée d’un gargarisme PVP-I de 1% à 1,25% n’irritait pas les muqueuses ou n’entraînait aucun effet indésirable jusqu’à 28 mois. Le gargarisme à la povidone et à l’iode ne tache pas les dents et ne modifie pas la fonction gustative. »

«Bien qu’une petite quantité d’iode soit systématiquement absorbée par la muqueuse, la fonction thyroïdienne n’est généralement pas affectée. Cependant, une augmentation de la concentration sérique d’hormone stimulant la thyroïde a été notée chez les personnes ayant suivi un traitement PVP-I prolongé (24 semaines) 41–48.» 

«Dans ces circonstances, il est conseillé d’avoir un intervalle de 3 semaines pour permettre aux taux sériques de TSH de se stabiliser. La PVP-I doit être évitée chez les patients souffrant d’hyperthyroïdie, de dysfonctionnement thyroïdien, de grossesse et d’allaitement. L’allergie à la PVP-I est également extrêmement rare, avec un taux de prévalence de 0,4%. » 

Notez que, selon C19Study, il n’existe à ce jour que 3 études sur l’efficacité de la povidone iodée, mais chacune d’elles indique un effet considérable, avec une amélioration moyenne de 85% lorsqu’elle est utilisée comme traitement précoce pour le COVID-19.

https://c19pvpi.com/

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