Une nouvelle étude sur le traitement ambulatoire montre un risque d’hospitalisation très faible

Avec la pandémie qui sévit dans de nombreux pays, la peur d’être hospitalisé est élevée. Les situations varient, mais le risque de décès à l’hôpital par C19 peut être de 20%, 25% ou même plus. Ces patients auront généralement passé plusieurs semaines en soins intensifs, parfois intubés – une procédure dont trop peu survivent.

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Mais qu’en est-il de réduire le risque d’être hospitalisé en premier lieu? Abomination, non sens, diront la plupart des médecins et des preneurs de décision. Dans la plupart des pays, il n’y a pas de traitement ambulatoire approuvé pour C19. Suivons plutôt les règles. Les personnes atteintes de C19 ont à rester chez elles, et à attendre leur rétablissement naturel. Et si ce «nihilisme thérapeutique» ne fonctionne pas, il est encore temps de se rendre à l’hôpital, même si c’est pour alors faire face à un avenir très incertain.

Mais tous les médecins n’ont pas souscrit à cette recommandation de ne pas traiter avant l’hospitalisation. Il y a heureusement des exceptions. Elles ne sont pas nombreuses, mais il y en a. Ces médecins ont parfois été diabolisés par les médias et présentés comme étant des charlatans ou même des vendeurs d’huile de serpent. Ils ont souvent été censurés sur les médias sociaux, parce que les résultats thérapeutiques qu’ils prétendaient étaient tout simplement trop beaux pour être vrais. Ou peut-être y avait-t-il des motifs plus obscures, mais nous ne nous aventurerons pas ici sur ce terrain particulièrement glissant.

Nous sommes maintenant depuis des mois dans la pandémie, et des études très sérieuses sont en train de sortir, examinant les résultats thérapeutiques obtenus par les médecins qui ont choisi de ne pas suivre les recommandations officielles, de suivre leur serment hippocratique, et de traiter les malades avant l’hospitalisation, en ambulatoire. L’un de ces médecins est le Dr Brian Procter, de McKinney, au Texas, qui a commencé à traiter des patients atteints du C19 dès le mois de Mars.

Une nouvelle étude vient d’être publiée dans la très sérieuse Reviews in Cardiovascular Medicine de Brian C. Procter, Casey Ross, Vanessa Pickard, Erica Smith, Cortney Hanson et Peter A. McCullough.

L’étude porte sur quelques 922 patients ambulatoires qui ont été évalués de mars à septembre 2020 par le médecin principal Dr Brian Procter et quatre autres praticiens, qui ont répondu à des visites urgentes de patients suspectés d’infection par le SRAS-CoV-2 et ayant les symptômes du COVID-19.

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https://rcm.imrpress.com/FR/10.31083/j.rcm.2020.04.260

Parmi les 591 patients testés négatifs, 162 (27,4%) ont été considérés comme des tests faux négatifs parce que ces patients avaient développé des symptômes persistants ou s’aggravant du COVID-19. Un total de 320 patients (34,2%) ont reçu un traitement.

Le traitement a été administré selon une stratification du risque. Les patients âgés de 50 ans ou plus ont été traités, ainsi que des patients plus jeunes, lorsqu’ils présentaient des facteurs de risque, ou comorbidités, telles que l’obésité, le diabète, les maladies cardio-pulmonaires, les maladies rénales chroniques, etc.).

Les traitements ont été personnalisés en fonction des patients et ont évolué avec le temps, avec l’expérience acquise par l’équipe et les connaissances disponibles d’autres sources. Une combinaison d’agents thérapeutiques a été généralement administrée séquentiellement dans le temps. Le tableau ci-dessous résume les principaux suppléments et médicaments, prescrits hors AMM, qui ont pu faire l’objet d’une prescription.

Pour ce programme, la télé-médecine a été largement utilisée, même si des consultations en personne ont également eu lieu, notamment pour les diagnostics. Les patients ont été suivis pendant au moins 90 jours.

Quels sont les résultats thérapeutiques? Sur les 320 patients confirmés positifs et ayant reçu un traitement, il y a eu 6 hospitalisations et un décès.

Le taux d’hospitalisation a été de 2,2% pour les patients ayant reçu un traitement et le taux de mortalité a été de 0,3%, toujours parmi ceux ayant reçu un traitement.

Le graphique ci-dessous résume les résultats thérapeutiques obtenus par le Dr Procter et son équipe. Il s’agit d’une version révisée qui nous a été transmise depuis la publication initiale de l’article en langue anglaise (voir aussi le graphe original en entête).

Parmi les conclusions des auteurs, on lit:

«Les observations de ce rapport suggèrent que les médecins de première ligne peuvent adopter une approche organisée et empirique des patients atteints de COVID-19 avec de très faibles taux d’hospitalisation et de décès ultérieurs.»

«Nos observations suggèrent qu’une majorité d’hospitalisations pourraient être évitées et que la propagation du SRAS-CoV-2 pourrait être réduite avec une approche de première ligne, reposant sur le traitement initial de la maladie à domicile, et avec recours à la télé-médecine pendant le suivi.»

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«L’utilisation précoce à domicile d’agents antiviraux non ciblés (zinc, HCQ, ivermectine, azithromycine, doxycycline), d’antibiotiques, de corticostéroïdes et à l’avenir d’anticoagulants pourrait réduire considérablement le risque d’hospitalisation et potentiellement réduire les taux de mortalité globaux avant et pendant l’hospitalisation.»

Il s’agit d’une étude observationnelle rétrospective sans groupe témoin. Quels seraient les résultats thérapeutiques attendus sans traitement?

Lara Jehi et al ont étudié le risque d’hospitalisation sur 4536 patients qui avaient été testés positifs pour le SRAS-CoV-2 entre le 8 mars et le 5 juin 2020, dans l’Ohio et en Floride. Ils ont constaté que le risque moyen d’hospitalisation était de 21,1%, même s’il différait fortement selon l’âge et les commorbidités des patients.

https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0237419

Ils ont ensuite développé un outil de prédiction des risques, que vous pouvez utiliser pour prédire votre propre risque d’hospitalisation, si vous êtes atteint de C19 (sans agent prophylactique ni vaccin).

https://riskcalc.org/COVID19Hospitalization/

Une autre comparaison possible est le taux d’hospitalisation dans le groupe témoin utilisé par Derwand et al dans leurs recherches sur les résultats thérapeutiques de la pratique du Dr Zev Zelenko dans l’État de New York.

Le taux d’hospitalisation dans le groupe témoin était de 15,4% alors qu’il n’était que de 2,8% dans le groupe de traitement.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857920304258

Si l’on compare le taux d’hospitalisation de 1,9%, atteint par les traitements administrés par le Dr Procter et son équipe, avec un taux d’hospitalisation, sans traitement, vraisemblablement compris entre 15 et 20%, on ne peut que conclure qu’il existe un réduction substantielle du risque d’hospitalisation grâce au traitement à domicile du C19. Cette réduction de risque d’hospitalisation est estimée à 88%.

La réduction de risque du décès est quant à elle estimée à 61% par les auteurs (voir graphique ci-dessus) mais la taille de la cohorte est insuffisante pour tirer des conclusions définitives.

Un autre aspect important est qu’un traitement précoce réduit probablement le risque de symptômes à long terme du C19 (COVID long), qui affligent la vie quotidienne de nombreux survivants.

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L’étude confirme qu’il est possible de réduire considérablement le nombre d’hospitalisations avec un traitement ambulatoire du C19, ce qui a des implications considérables en matière de politique de santé publique.

Aujourd’hui, de nombreux hôpitaux et unités de soins intensifs sont aux prises avec des afflux constants de patients C19, alors que le nombre d’admissions pourrait, grâce aux résultats thérapeutiques du Dr Procter, du Dr Zelenko et d’autres, être facilement divisé par 5.

Oui, vous l’avez bien lu et il importe de saisir l’importance de ce chiffre. On pourrait avoir au moins 5 fois moins d’admissions dans les hôpitaux et dans les unités de soins intensifs en lien avec le C19 si le traitement précoce à domicile était généralisé.

Cela signifie qu’il n’y aurait même pas de crise d’hospitalisation en lien avec le C19.

Comme nous l’avons analysé précédemment, un tel traitement ambulatoire précoce est parfaitement réalisable dans les établissements de soins pour personnes âgées, les maisons de retraite médicalisées et les institutions similaires, où le risque de contracter le C19 et d’en mourir est de loin le plus élevé.

En termes de coût, le traitement hospitalier, en particulier en soins intensifs, est extrêmement coûteux, les factures des hôpitaux se chiffrant souvent à des centaines de milliers de dollars, et dépassant même parfois 1 million de dollars.

Le traitement ambulatoire du C19, en revanche, est généralement extrêmement bon marché: moins de 100 dollars pour les médicaments, plus le coût de quelques consultations et tests.

Espérons que cette expérience pragmatique de traitement du C19 à la maison contribuera à convaincre davantage de décideurs et de médecins d’adopter un tel traitement ambulatoire, qui reste, malgré son efficacité sur tous les plans, un outil négligé pour lutter contre la pandémie.

Cela pourrait faire de l’année 2021 une bien meilleure que 2020, pour nous tous.

Bonne année.


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