Opinion: Il faut soigner tôt les aînés malades du COVID-19 et non les laisser mourir

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Ce sont surtout les personnes âgées qui sont décédées du COVID-19 durant la première vague de l’épidémie. Au Canada, quelques 81% des 9 300 décès ont eu lieu dans des résidences de soins pour personnes âgées (CHSLD, RPA, etc.). On sait aujourd’hui que le risque de mourir du COVID-19 croît exponentiellement avec l’âge (Spiegelhalter, 2020). Réduire la mortalité du COVID-19 passe nécessairement par une réduction de la mortalité chez les aînés, qu’ils soient à leur domicile ou dans des résidences.

Diverses mesures ont été prises dans les provinces pour éviter que la nouvelle vague d’infections ne mène à l’hécatombe qui eut lieu ce printemps, avec des situations horrifiques dans de nombreuses résidences. Toutefois, force est de constater qu’avec la recrudescence de la pandémie, et les nouvelles éclosions dans les résidences, les mesures prises, qui sont toutes de nature non-thérapeutique, montrent qu’elles sont déjà insuffisantes.

La faille majeure des politiques de santé publique en matière de COVID-19 au Canada, en particulier vis-à-vis des personnes âgées, est d’ommettre d’inclure un volet thérapeutique, et plus précisément la prophylaxie et les thérapies précoces. Ces dernières thérapies sont administrées au tout début de la maladie, dès les premiers symptômes, durant la phase de réplication virale, pour précisément endiguer cette réplication avant que le virus ne commence à faire des ravages plus importants. C’est un peu comme pour les thérapies contre le cancer : on préfère détecter le cancer tôt, pour le soigner tôt et avoir plus de chance de le guérir.

En Australie, avec la vague pandémique qui frappe l’état de Victoria, l’éminent Professeur Thomas Borody, connu mondialement notamment pour ses contributions scientifiques pour soigner l’ulcère de l’estomac et la maladie de Crohn, a mis au point une tri-thérapie à base d’Ivermectine, se basant sur nombre d’études cliniques réalisés sur cette molécule dès avril dernier, en Floride et ailleurs. Le Professeur Borody est très enthousiaste pour le traitement du COVID-19. « Nous savons que c’est soignable; c’est plus facile que de traiter la grippe. » « Il est difficile de croire à quel point il est simple de guérir le coronavirus. »

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Concernant les personnes âgées, il affirme : « Il n’y a pas de limite d’âge pour traiter.  Cela fonctionne assez bien chez les personnes âgées. N’oubliez pas que les personnes âgées ont également un système immunitaire âgé. Il faut donc plus de temps aux tests pour devenir négatifs.» 

Aujourd’hui, dans plusieurs résidences pour personnes âgées en Australie, ainsi que dans des cabinets de médecins généralistes, sa thérapie est administrée. Des médias nationaux, notamment Sky News Australia, rapportent régulièrement sur les progrès réalisés avec cette approche thérapeutique pour le COVID-19.

Bien sûr, ce ne sont pas seulement les personnes âgées infectées qu’il convient de soigner. Soigner tôt ceux et celles qui ont testé positif et ont développé des symptômes permet non seulement de contenir la progression de l’infection, mais aussi de réduire considérablement le risque d’hospitalisation et de formes graves de la maladie.

Une étude menée par Scholz et al. sur les résultats de la trithérapie développée et administrée par le Dr Zelenko dans l’état de New-York a montré une réduction de 84% du risque d’hospitalisation pour les patients ayant reçu sa trithérapie, qui dure seulement 5 jours et repose sur l’hydroxychloroquine à faible dose, l’azithromycine et le zinc.

Les trithérapies développées par le Professeur Borody et le Dr Zelenko sont non seulement très sécuritaires mais peuvent aussi, dès maintenant, être prescrites hors indication (off label), ce qui est tout à fait normal pour des thérapies visant une nouvelle maladie telle le COVID-19. Ces thérapies doivent être prises avec supervision médicale, et c’est de la responsabilité du médecin traitant de prescrire le protocole thérapeutique le plus approprié.

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Quelle proportion des aînés infectés par le COVID-19 et symptomatiques peut-elle être sauvée par une intervention thérapeutique précoce? Une étude réalisée en France par le Dr Pirnay et ses collaborateurs dans une résidence pour personnes âgées, en usant une bithérapie, probablement moins efficiente car n’incluant pas l’élément critique Zinc, montre qu’une réduction de mortalité de l’ordre de 50% de la mortalité est réalisable, ceci sur des aînés d’un âge moyen de 86 ans.

On peut s’attendre à des résultats encore meilleurs avec des trithérapies et une administration très précoce de celles-ci, endéans un ou deux jours après les premiers symptômes. Ceci est très réalisable, en particulier dans des résidences de personnes âgées avec suivi médical quotidien. En traitant ainsi les aînés symptomatiques au Canada, on pourrait probablement sauver des centaines, voire des milliers de vies durant cette recrudescence de la pandémie.

La prophylaxie peut aussi sauver de nombreuses vies au Canada. Il existe divers protocoles prophylactiques non-médicamenteux, reposant sur des molécules tels que le zinc, la quercétine, la vitamine C et la vitamine D, cette dernière étant souvent en carence chez les personnes âgées. Les preuves scientifiques s’accumulent maintenant quant à l’importance de la prophylaxie pour réduire la mortalité du COVID-19. Une étude toute récente par Maghbooli et collaborateurs montre une réduction de l’ordre de 50% de la mortalité des patients atteints du COVID-19 qui ne sont pas déficients en vitamine D.

Sur le plan des connaissances thérapeutiques, les choses ont beaucoup évolué depuis le début de la pandémie. On sait maintenant que tant la prophylaxie que les traitements précoces offrent des opportunités considérables pour réduire la mortalité du COVID-19, en particulier chez les aînés, qui sont de loin les plus vulnérables.

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Aujourd’hui, le défi est de mettre immédiatement en pratique ces connaissances thérapeutiques, en particulier au bénéfice des personnes âgées, pour sauver de nombreuses vies, plutôt que de laisser ces personnes mourir sans le moindre traitement.


L’auteur est un analyste indépendant, ancien chargé de cours universitaire et diplômé des universités de Bruxelles et d’Oxford. Depuis Mars, il a écrit nombre d’articles sur la pandémie, y compris une analyse détaillée portant sur comment réduire la mortalité chez les personnes âgées, que l’on peut trouver sur le site https://covexit.com


RÉFÉRENCES

Maghbooli Z, Sahraian MA, Ebrahimi M, Pazoki M, Kafan S, Tabriz HM, et al. (2020)VitaminD sufficiency, a serum25-hydroxyvitaminD atleast 30 ng/mLreducedrisk for adverseclinicaloutcomesin patients with COVID-19infection.PLoSONE 15(9):e0239799. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0239799

Pirnay G, et al. Effet bénéfique de l’association hydroxychloroquine/azithromycine dans le traitement des patients âgés atteints de la COVID-19 : résultats d’une étude observationnelle. Le Pharmacien Hospitalier et Clinicien (2020), https://doi.org/10.1016/j.phclin.2020.0

Scholz, M.; Derwand, R.; Zelenko, V. COVID-19 Outpatients – Early Risk-Stratified Treatment with Zinc Plus Low Dose Hydroxychloroquine and Azithromycin: A Retrospective Case Series Study. Preprints 2020, 2020070025 (doi: 10.20944/preprints202007.0025.v1).

Spiegelhalter David. Use of “normal” risk to improve understanding of dangers of covid-19 BMJ 2020; 370 :m3259

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